| 2010, année de la saucisse (Fin) |
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| Écrit par Marie Chotek | |
| 14 janvier 2010 16:50 | |
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- 2010, année de la saucisse! Mike Giver se tenait sur le seuil, en brandissant une clé que je qualifierai à outil.
Il a commencé à fourrager dans les radiateurs, en nous expliquant que le froid avait non seulement fait éclater une conduite d'eau chaude mais que du coup, il avait sédimenté les résidus de poussière déposés au fil des mois à l'intérieur pour en faire une boue noirâtre qu'il a tenu à brandir sous nos yeux.
Sur ces bonnes paroles, Mike Giver est tombé à genoux, devant le radiateur, et s'est mis à le désosser. La Cadette a secoué le courrier au dessus de la poubelle, mais de longues stries noires demeuraient de haut en bas. Elle a fait tsit tsit avec sa langue, et je lui ai suggéré de le laisser sécher puis de le photocopier. Après tout, ça n'était jamais qu'un exemplaire pour info.
Je n'ai pas répondu. La Cadette savait parfois se montrer plus royaliste que le roi, et personnellement, je ne voyais pas en quoi un fonctionnaire de la Cour des comptes viendrait renifler tous nos courriers. J'ai préféré sortir appeler Aveline avant que d'aller à mon RV chez la Colonette, Mike Giver, sauveur du Livre, s'étant mis à donner de grands coups sourds sur le chauffage à mon flanc droit. Aveline avait passé les fêtes seule avec sa paire de, son chat, autorisé exceptionnellement à venir passer les fêtes à Paris, ainsi que sa mère dont le troisième mari donnait des signes de faiblesse qui nécessitaient de se retrouver près d'un hôpital, fut-il une maternité. Son semi-maori à Aveline avait renoncé à trouver un billet qui lui permette de faire en six heures un voyage qui se faisait habituellement en 24 heures minimum. Il avait tout d'abord assuré qu'il allait donc rester avec elle et leur paire de, mais il s'était montré si morbide, si torturé par l'angoisse et la culpabilité de ne pas passer avec sa paire de habituelle, leur dix-septième Noël ensemble, qu'Aveline avait accepté de guerre lasse, qu'il rentre au pays. Je l'avais trouvé bien bonne avec lui mais elle m'avait fait remarquer que là, non plus, elle n'avait pas le choix. Avoir un pauvre hère malade de culpabilité à ses côtés et triturant son portable toutes les cinq minutes, ne lui semblait pas être ce qui s'appelle, passer un Noël en famille. J'avais appelé Aveline pour le premier de l'an mais je n'avais pas réussi à la joindre, ce qui m'inquiétait légèrement.
J'ai crié, à titre préventif quand elle a miraculeusement décroché.
J'ai haleté, pleine d'espoir. Et d'inquiétude. Que deviendrait Aveline si elle se retrouvait vraiment toute seule avec sa paire de?
Année 2010, année de la saucisse, je me suis répété, cela signifiait, une bonne ou une mauvaise année? Est-ce que c'était une saucisse d'or comme il y avait eu l'année du cochon d'or pour les Chinois qui avaient pondu tout azimut parce que ce signe là assurait à celui ou à celle naissant en son cours, la fortune des fortunes? Je suis rentrée dans le bureau, recouvert de papiers noirâtres avec une Cadette qui soufflait dans les poumons de Mike Giver, pas même déconfit d'avoir ainsi salopé tous nos courriers qui traînaient.
Etc. J'ai réussi à lire sur un post-il jaune vif émergeant du tas de courriers merdoyés, la colonnette annule RV, pas utile si chef pas là... Je me suis assise, mortifiée (et soulagée). Année 2010, année de la saucisse, peut être, mais pas franchement dorée me concernant. Ecrire un commentaire |