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Bavures
Écrit par Marie Chotek   
19 octobre 2006 14:46

Le ministre de l'intérieur a annoncé, jeudi, qu'il voulait faire voter un texte pour que les agresseurs de "policiers, gendarmes et pompiers soient renvoyés devant les assises".
 
Un des titres du monde de ce jeudi...
 
Et pour les baveurs policiers, il préconise quoi le monsieur ? Non parce que loin de moi de donner dans la pulsion anti-flic mais il se trouve qu'au même type que l'agression du policer en milieu cité-banlieusard, la bavure policière commence à faire de plus en plus partie de notre paysage contemporain. Je viens à ce propos de lire la niouse letter de Jean-Jacques Rebout, éditeur (éditions Après la lune), qui publie prochainement un petit bouquin, Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières, qui fait suite à une bavure policière dont il a fait l'objet.


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La fille du cheval roumain (la suite)
Écrit par Marie Chotek   
18 octobre 2006 15:23

Je suis arrivée au bar un peu déprimée par ma réunion avec Louis XIV et ses ouailles (nous). Je n'étais pas spécialement ravie à l'idée d'une « fusion », ou d'un « rapprochement » avec nos homologues de la Banque artistique, qui tendaient à se prendre pour les Mazarins du buveur de chocolat mousseux, ce qui se traduisait par des messes basses dans les couloirs et en réunion, sans oublier un traitement de nous, les gens du placement, pour le moins aristo-ploucs (ici, aux pieds, couché, pas bouger). Je sentais surtout que j'allais avoir des tas de couches de chefs au-dessus de moi, madame Irma, monsieur Henri, Louis XIV, Goebbels (son directeur de cœur, un épouvantable pervers crypto-nazi des milieux professionnels qui, en plus, ne s'adressait qu'à vos seins ou à votre derrière), sans oublier Quick et Fluke, deux jeunes cadres dynamiques au service du Roy, plutôt sympas mais pas fort épanouissants pour la self-confidence et l'indépendance d'esprit.
 
J'ai raconté ça à Aveline qui a aimablement compatit. Elle travaille chez elle, en free lance, maquettiste et graphiste, elle galère parfois 20 heures par jour pour un contrat juteux à ne pas laisser passer, mais elle n'a personne sur le dos et comme elle commence à être un peu connue dans le milieu, voilà qu'elle va embaucher une assistante, pour l'aider.

  • Viens bosser avec moi, Marie, on va bien s'amuser!
  • Je sais pas dessiner et j'ai aucun sens artistique.
  • Tu écriras les chapeaux!
  • Avo, faut pas tout mélanger, Shéhérazade ne peut pas être patronne le jour et conteuse la nuit...
  • T'as raison bouffite, je te vire.

Et elle a poursuivit son histoire.


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Sans langue de bois aucune
Écrit par Marie Chotek   
17 octobre 2006 10:42

Madame Irma avait monté de grade. C'est ce dont je me suis aperçue en arrivant le lendemain matin, la tête encore toute prise par l'histoire de la fille du cheval roumain. Je ne sais pas trop quel était le lien entre sa « maladie » et son grade ascensionné mais les faits étaient là : elle se tenait à la droite de Louis XIV, notre Président, quand je suis arrivée (presque) à l'heure pour la fameuse réunion.
 
Louis XIV buvait un chocolat chaud crémeux qui avait l'air délicieux, tout en y plongeant une madeleine qui m'a mis de l'eau plein la bouche, tandis que nous, ses subordonnés, avons du nous contenter d'un nescafé décaféiné avec un p'tit Lu rassis parce que « ça coûtait moins cher à l'Etat », a susurré Louis XIV, « je veux parler bien entendu de la prise en charge des crises de nerfs et des maladies cardio-vasculaires ahahahaahh ».

A-t-il rit. Suivi en cela par quelques courtisans qui se seraient damnés pour avoir droit à du chocolat bien crémeux j'en suis sûre. Il a balayé de ses escarpins à talons carrés et nœuds de soie vert d'eau, les miettes tombées sur le sol et j'ai vu dans son regard, un instant, qu'il s'était retenu pour ne pas demander à un des courtisans, Saint Marc ménage ou Lancelot, un chargé de mission, de se jeter au sol pour les ramasser à la pointe de sa langue. Oui, j'ai vu tout ça dans ses yeux à lui.


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La fille du cheval roumain
Écrit par Marie Chotek   
16 octobre 2006 14:58

J'ai retrouvé Aveline à la Perche agile, comme convenu. Et comme convenu, une fois échangées les informations locales et du moment, elle a commencé à me raconter une histoire, comme presque tous les soirs, afin que je commette pas d'acte violent à l'égard de ma propre vie, ou que je ne finisse pas alcoolique, avec semaines d'internement dans le palais de la femme (folle) dont vient tout juste de ressortir madame Irma, qui, avant que je ne m'enfuie, à réussi à me glisser. Soyez pour une fois à l'heure demain, mademoiselle Chotek, on a réunion avec le Président... table ronde sur l'avenir de notre département et réflexions à bâtons rompus, sans langue de bois j'insiste, sur le placement financier de l'Artiste... Paul Gaughin était banquier avant que d'être peinte, j'ai gloussé mais bien sûr, madame Irma n'a pas trouvé ça drôle.
 
J'étais donc prête à écouter ma Shéhérazade de l'amitié, venue repousser encore une nuit les ombres longues et grises qui forment les tentures de la chambre non nuptiale échue à la malheureuse âme solitaire etc.

  • Alors... a fait Aveline en s'asseyant plus confortablement devant son verre de vin.
  • Ton pied, Aveline...

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The plot against Marika
Écrit par Marie Chotek   
13 octobre 2006 11:45

Bon, c'est la suite du voisin, niouse du lundi pas joli. Car le voisin persiste et ne signe pas, justement. Il se contente d'émettre des sons hostiles à travers les épaisseurs peu épaisses... et d'arracher l'étiquette de ma boîte aux lettres. Attention, c'est un drame proprement poignant, éloignez les petits enfants.
 
18 H 22, je rentre dans le hall, l'étiquette de la boîte aux lettres est encore là. Je retire le courrier, ras, deux enveloppes humanitaires dont une avec une petite cuillère en plastique intégrée qui sert à nourrir les enfants-squelettes dont la photo est visible sans même ouvrir l'enveloppe. J'hésite une seconde à récupérer la petite cuillère pour étaler ma peinture avec. Le cynisme a des limites, je n'ose même pas jeter l'enveloppe dans la poubelle, je repars avec, la queue basse.
 
18 H 25. Je crois dans les escaliers le principal accusé dans cette histoire récurrente des étiquettes arrachées. Monsieur Arsenic Pivert, 59 années de lutte contre le bruit et les étiquettes en papier, dramaturge non publié et fan de patins à glace à la télé. Grand sourire, bonsoir mâdemoîselle Chôtek. Tout juste s'il ne lève pas son chapeau. Je rentre dans l'appartement, et après m'être jetée voracement sur un vieux bout de camembert agonisant, sous le regard accusateur des enfants-squelettes (je retourne l'enveloppe sur la table), je me saisis de mon sac de piscine et je redescends l'escalier.
 
18 H 45. L'étiquette a été arrachée. Une énorme bouffée de rage à haleine de camembert me remonte à la gorge. Salopard ! Enculé ! Merdeux ! J'aurais du me méfier, quand je L'ai croisé, j'aurais du retourner sur mes pas et le prendre sur le fait. Je lui aurais bondi dessus, mon pied énorme sur ses fesses plates. Son regard affolé. Son cou entre mes mains. Sa vie dépendant de ma seule et unique volonté. Je te condamne à coller chaque jour une nouvelle étiquette sur ma boîte. Oui, mâitreeeeeeeee...


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Le petit manteau hanté
Écrit par Marie Chotek   
11 octobre 2006 16:06

Aperçu chez H&M petit manteau noir simple et bien coupé. Made in China. 69,90 Euros. Essayé petit manteau noir simple et vraiment bien coupé. Beaucoup hésité. Made in China, quand même. Repensé à grandes résolutions, arrêter d'acheter fringue pas chère fabriquée en Asie du sud-est, dans conditions inconnues, sans doute sinistres, petits enfants enchainés, dans objectif répugnant d'alimenter grands profits grand groupe capitaliste. Oui mais. Petit manteau noir simple et bien coupé, pas cher, pas trop quoi, et moi, plus avoir de manteau. Transes du doute devant porte-petit-manteau noir simple et bien coupé. Diversion opérée dans Galeries Lafayette à côté, manteaux moches, chers et prétentieux, étage luxe, étage mode, rien n'est pour moi.


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