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Écrit par Marie Chotek
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11 décembre 2009 14:24 |
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Cela devait être dix jours pour
sauver la Planète, ça sera juste toute une journée (pour commencer) pour
dénoncer l'affreux massacre dont a été victime l'ethnie Johnny.
En effet, cette ethnie déjà mise
à mal par l'affreuse persécution dont elle a été victime au motif qu'elle
possède un compte en Suisse et rechigne à s'acquitter de ses impôts en France (malgré
la médaille honorifique qui lui a été remise, mais qu'elle a dû revendre pour s'acheter
une petite viet), la voilà maintenant littéralement massacrée par un certain
monsieur Jean Le Boucher Dejoue, qui aurait bien fait joujou avec sa hernie
discale à la clinique Mon Sot située dans un quartier populaire de Paris.
L'heure est plus que grave,
décisive. Sauvera-t-on Johnny ? Johnny pourra-t-il à nouveau gambader nu
et innocent dans les prairies suisses où il a enterré sa misère pour la préserver des affreux du Fisc qui le poursuivent? Une
heure qui est au moins aussi décisive que celle du malaise vagal de Nicolas Ier
qui, d'ailleurs, on nous le précise, prend régulièrement des nouvelles de cet
immense artiste qui, rappelons le, donna de la voix avec Mireille le soir de son élection en un concert baptisé
pédagogiquement de gratuit (car l'argent des con-tribuables ce n'est pas vraiment de l'argent).
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Écrit par Marie Chotek
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10 décembre 2009 15:47 |
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J'ai impatienté un bon bout de temps. Enfin j'ai entendu
schruitch schruitch les bottes de la Cadette schruitcher dans le couloir. Elle
est entrée, s'est assise sans un mot à son bureau... et s'est remise de suite à
taper sur son clavier sans même lever les yeux.
-
Bon ben alors quoi ? J'ai demandé, d'une
voix ardente. C'était elle ou c'était pas elle ?
-
C'était elle... a grommelé la Cadette.
-
Ah bon... j'ai marmonné.
Déçue (et vexée).
-
Sans être elle... a précisé la Cadette d'un ton
blafard.
-
Comment ça ? J'ai blatéré. Comment ça peut
être elle sans être elle ?
-
C'est comme pour toi quoi, a répliqué d'un ton
irrité la Cadette. C'était Bécassine... sauf que ce n'était pas Bécassine.
-
Mais euh... tu lui as parlé ? Je me suis
enquise, avec prudence.
La Cadette a levé enfin les yeux. Un regard vide a glissé
sur moi.
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Écrit par Marie Chotek
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07 décembre 2009 21:02 |
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Il s'est passé aujourd'hui quelque chose d'étrange. De
l'ordre de la quatrième dimension. Bécassine était en train d'essayer de me
refourguer le putain-de-contrat-de-performance quand la Cadette est entrée en trombe dans le bureau en s'écriant :
-
Vous savez quoi ? Ils sont en train de déménager
Claudie pour l'installer dans la soupente...
-
Claudie ? J'ai fait. Ça m'étonnerait vu son
tempérament qu'elle accepte de marner dans la soupente...
-
Figure toi qu'elle file doux, a repris la
Cadette d'un air sombre, ses dossiers sont déjà tous dans des caisses... elle m'a
expliqué que...
-
On ne lui aura pas laissé le choix voilà tout, l'a
coupée d'un ton roide Bécassine, comme toi Mimi... tu n'as pas le choix, c'est
toi qui seras dorénavant chargée du putain-de-contrat-de-performance ! Et
hop ! A tes indicateurs, jeune fille !
Jeune fille. A 40 ans sonnés.
-
... que l'ex ministre de la culture, Christine Labanel, allait l'occuper afin de se consacrer à une étude sur le numérique, a
conclu la Cadette, en évitant de regarder Bécassine.
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Écrit par Marie Chotek
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03 décembre 2009 15:46 |
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Ce
matin, un jeudi couleur taupe noyée, Bécassine m'a accueillie habillée en
Marianne. Je veux dire qu'elle était habillée d'une jupe bleu roi, d'un
chemisier blanc blanc et d'un foulard rouge sang, noué autour de sa nuque avec
un nœud sur le côté (façon hôtesse de l'air quoi).
Bien
sûr, je n'ai rien dit, Bécassine s'habille comme elle veut mais j'aurais
préféré qu'elle ne me fasse pas de remarque sur le fait que je ne portais que
des jeans, jamais de jupe et que dès le changement d'horaire automnal, je me
mettais à arborer mon éternel gilet de polaire grise, à la coupe en biseau au
prétexte qu'il était chaud tout en étant peu épais et d'une coupe originale qui
parvenait à le hisser au-dessus de la vieille polaire qu'on met chez soi pour
regarder la télé.
-
Je le dis pour
toi, Mimi, elle a précisé, en tant qu'employé de bureau du Service Public, tu
représentes un peu la France tu sais...
Je
n'ai pas relevé, je me suis fait un café, avec une vitamine C, et peu après la
Cadette est arrivée, l'air échevelé, toute de noir vêtue sous sa parka bleu nuit
qu'elle a jeté sur le porte-manteau en s'écriant, ouais, en plein dans le
mille ! Bécassine lui a demandé si elle enterrait quelqu'un.
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Écrit par Marie Chotek
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01 décembre 2009 21:08 |
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Je ne sais pas vous mais je suis
régulièrement l'objet du phénomène des fausses images. Je m'explique.
Vous
entendez quelqu'un à la radio, une femme par exemple, elle a une voix
enfantine, elle parle avec douceur, vous commencez à broder sur l'image d'une
petite bonne femme haute comme trois pommes, toute fluette, avec des cheveux
d'ange blond. A chaque fois que vous entendez sa voix, aussitôt l'image de
cette femme douce et blonde surgit à votre esprit. Vous finissez par associer
totalement cette voix et cette image, au point que vous pensez réellement
qu'elle est comme ça, avec autant de certitude que si vous aviez vu une photo
d'elle. Et puis un jour vous tombez vraiment
sur sa photo.
C'est une grosse dame brune habillée
en tailleur d'homme avec des lunettes très sérieuses qui fixe d'un air sévère
l'objectif.
Vous vous sentez désagréablement
déçue, trompée, c'est vrai, mais cette découverte a cependant quelque chose de
si surprenant que cela vous fait un peu comme si on vous avait fait une bonne blague.
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Écrit par Marie Chotek
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24 novembre 2009 21:10 |
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C'était Bécassine qui revenait, en furie. Une fois encore,
j'ai dû raccrocher au nez de cette pauvre future jeune mariée.
-
Comment ça ? Que racontez-vous là ?
J'ai balbutié.
-
Mimi, je suis rentrée dans le petit salon etc,
et là, sur le sofa des invités, que vois-je ?
-
Mitrand ! A presque crié la cadette que
tout ceci amusait prodigieusement.
-
Himself ! A glapi Bécassine. Alors comment
savais-tu cela, Mimi ? Comment se fait-il que toi, rédactrice catégorie B,
tu es dans le secret des Dieux, quand moi, sur-chef catégorie A+++, ex
ministred e surcroît, je ne le suis pas ?
-
C'était lequel de Mitrand ? J'ai demandé,
prise soudain d'une inspiration.
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