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Écrit par Marie Chotek
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23 novembre 2009 20:53 |
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Ce matin, une fois encore, je suis arrivée explosée après
que Morphéophobe m'eut réveillée aux aurores avec une coupure de presse
consacrée aux jeunes auteurs prometteurs de 18 à 32 ans et demi. A peine assise, le téléphone a sonné.
-
Allo mademoiselle de Chotek ?
Purée ma veine, c'était monsieur Cachalot des éditions du
Néant Méritant. Un éditeur de 95 ans, qui ne se décidait pas à passer la main,
comme il disait, bien qu'il traînait une dette façon boulet en métal d'un évadé
de la Santé qui se serait refusé à le scier au motif trouble que ça n'était pas
permis. En effet, Monsieur Cachaot, un éditeur spécialisé dans les beaux livres
et les mammifères marins, semblait préférer s'acquitter de sa dette par tranche
de 45 € prélevé sur sa retraite d'ancien prof de sciences naturelles plutôt que
de remplir le formulaire de demande de remise gracieuse, à laquelle il avait
toutes les chances d'accéder étant donné son âge et son état.
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Écrit par Marie Chotek
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19 novembre 2009 15:56 |
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Avec A nous pourrions bien être
déchus de notre nationalité nationale.
En effet, hier soir, alors que
les cons en bleus s'apprêtaient à affronter les cons en vert, nous avons
multiplié les exorcismes afin que l'équipe supposée être l'objet de toutes nos
prières soit éliminée et que nous connaissions la joie d'un mondial sans participation
de notre équipe de cons en bleu multimillionaires. Après avoir éparpillé aux quatre
pôles de l'appartement, les tripes d'un tofu pané (végétarisme de A oblige),
nous avons ensuite psalmodié des incantations, ballon percé, ballon crevé, France
éliminée !!, qui ont fait hurler de rire le Zébulon. Enfin, nous avons
brûlé le journal L'Equipe dans l'évier
de la cuisine en clamant, Equipe
brûlée, Equipe cramée, France éliminée !!,
ce qui a beaucoup plu aussi au Zébu qui a tapé dans ses mains en braillant,
avo, avo.
Bien sûr, Cléa Culpa n'a pas
manqué de nous traiter de sales bobos, ce qui était faux puisqu'il y a des
bobos qui sont assez cons pour aimer le foot. Bourgeois alors, elle a craché,
vous avez un mépris digne de votre classe pourrie, qui considère que le foot
est un sport populaire tout juste bon à distraire le prolétaire. Peut être,
nous lui avons clamé aux oreilles, mais tous les détenteurs de clubs sont de
gros bourgeois et le salaire moyen d'un con footeux moyen est au moins 10 000
fois supérieur au smic de ton cher prolo. En plus, chère Cléa, tu connais le
vieil adage, du pain, des jeux, et moi la haut je fais c'que j'veux !
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Écrit par Marie Chotek
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18 novembre 2009 14:43 |
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Ce matin, aux aurores, Morphéophobe, que je croyais être
partie faire du ski aux Bahamas, ou du macramé dans le Hoggar, bref, être
partie bien loin d'ici emmerder d'autres pauvres gens que moi, s'est assise sur
mon lit après avoir fait grandement couiner la porte. Le vieux
réveil-cube gagné par A dans un concours débile d'une radio quelconque
affichait 5 H 55, un bien beau chiffre rond, mais une bien courte nuit aussi.
-
Tu dors ?
Elle m'a fait en chuchotant (ce
qui fait à peu près le bruit du vent dans des vieux volets mal attachés).
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Dormais.
-
Ah tu es donc réveillée...
-
Disons que je ne dors plus, j'ai grogné, mais
que j'aimerais bien redormir un petit peu... il est 5 h 00 du mat, je suis
crevée...
-
Tututut... comment veux-tu y arriver rapport à
l'écriture si le jour tu paperassises ou tu comptes, et la nuit tu dors?
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Écrit par Marie Chotek
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13 novembre 2009 13:42 |
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Chère Marie,
Je me permets de vous écrire suite à votre dernier succès en
date, le Prix Goncourt (faut-il encore le préciser), et, afférant, à tout ce
que j’ai pu lire à votre sujet dans la presse, quand bien même vous n’êtes pas
fort généreuse en détails concrets sur votre vie privée.
Tout d’abord, je vous félicite pour ce dernier prix, comme
pour celui obtenu précédemment, le Fémina en 2001. En bref, je vous félicite
avec grande sincérité pour tous les prix que vous avez pu recevoir tout au long
de votre courte vie, car même si je ne vous ai jamais lue, je n’ai aucun doute
sur la qualité de ce que vous écrivez. Je veux dire qu’autant lire ne serait-ce
qu’un article sur Mazarine Pingeot ou Justine Lévy me fait mal au foie, autant
j’ai du bonheur à me réjouir de vos succès littéraires qui ne sont dus, eux,
qu’à votre pur talent d’écriture.
Bon, ces choses dites, venons en à ce qui m’amène à vous
écrire.
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Écrit par Marie Chotek
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10 novembre 2009 10:37 |
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Que faisiez-vous dans la journée
du 9 novembre 1989 ? hein ? Il paraît que tout le monde s'en souvient,
dixit le festival des journalistes et BHL consorts du moment. Je ne dirai pas
comme le tsar Nicolas Ier que, ah ben justement dites donc j'y étais, vu qu'avec
l'intuition politique qui me caractérise, j'avais sauté dans le premier avion en
partance pour Berlin le matin du 9 novembre pour me tenir fin prête au pied du
mur avec ma pioche et ma bombe de couleur afin que nul ne puisse dénier le fait
que je faisais déjà corps avec l'Histoire.
Non, moi je n'y étais
certainement pas, mais j'étais tout de même dans un bus qui revenait de l'Est, de
Budapest très exactement. Un voyage étudiant où la veille au soir, pintées à la
vodka avec une copine, on avait regardé en gloussant Eric le sournois coller un
chwim gum dans la serrure de la chambre d'une congénère sur laquelle il avait
jeté sa sournoiserie. On avait l'air très bête, et puis très coupable quand ensuite,
tout le monde s'était retrouvé dans le couloir de l'hôtel avec la victime
éplorée, bloquée devant sa porte de chambre, tandis qu'une cohorte de grooms de
l'Est, plus irrités qu'affairés, s'essayaient à ouvrir sa porte, pour finir par
en démonter entièrement la serrure afin que la malheureuse puisse enfiler son
pilou pilou et se remettre de ses émotions dans son pucier.
Et dire que pendant ce temps là, dans
une démocratie populaire voisine, un mur tremblait sur ses vieux parpaings
laids et ses barbelés de même...
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Écrit par Marie Chotek
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05 novembre 2009 11:04 |
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Avec un Zébulon à demeure, on va
peu au cinéma, on trie ses films sur le volet, on se ferait presque des nœuds
quand une fois l'an, on doit en choisir un, sans se tromper... et de fait, on attend plus souvent
le DVD qu'on ne se rend dans une salle obscure.
Mais après avoir entendu mercredi
28 octobre au soir, sur France inter, la douce et opiniâtre Simone Bitton invitée
de l'Humeur vagabonde de Kathleen
Evin parler de son dernier film Rachel,
dont l'affiche au fronton du cinéma Le Méliès, une silhouette façon cartoon
habillée d'orange et de bleu, dressée devant la pelle énorme d'un bulldozer, me
sautait à la figure chaque matin de cette semaine à la sortie de l'escalator
avant que je ne plonge dans le métro, j'ai décidé que je ne raterai pas ce film,
qui n'allait, qui plus est, passer que très peu de temps en salle.
Avec un frisson semblable à celui
qui parcourt l'échine de l'écolier buissonnier, j'ai ainsi abandonné vendredi
soir le Zébu à ses petites voitures et à son père, pour filer au Méliès à la
séance de 19H00 et j'ai plongé dans ce documentaire réalisé en forme d'enquête mais
aussi de témoignage à l'endroit de Rachel et de ses amis militants.
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